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L’interview
- Le webmaster : Castel JEAN, depuis le mois de mai, votre site
« tourne » de façon satisfaisante. Certaines de vos œuvres sont
maintenant disponibles sur le web, lues instantanément dans le monde entier
(…). Mais dans Les makandas contre Zénon d’Élée et autres Gottfried
Leibniz,
pourquoi un cabri en plein Paris ?
- Castel JEAN : Le cabri blanc ? Je n’ai pas pu résister. C’est
lui qui a tout déclenché, tout simplement parce qu’en Haïti un cabri n’est pas
forcément ou seulement un cabri. D’ailleurs tous ceux qui m’ont donné leur avis
sur Les
makandas contre Zénon d’Élée et autres Gottfried Leibniz ont reconnu que la folle irruption
du cabri à la place Denfert-Rochereau était un grand coup du vaudou. Sans les
conséquences ramifiées de l’audace du quadrupède bêlant, Damballah ne se serait
pas senti obligé de quitter Haïti par la mer et de venir mettre en difficulté
la DST à Paris.
- Le webmaster : Mettre en difficulté aussi le ministre français
de l’Intérieur ?
- Castel JEAN : Oui. Sans ce cabri indiscipliné, le génie
inventif de Ponia, le ministre de l’Intérieur, n’aurait pas pu montrer sa
vivacité (l’invention d’un petit canon, breveté SGDG, guidé par une optique
Carl Zeiss). Mais un peu plus tard, le vaudou et Damballah lui ont révélé aussi
les limites d’une technique de guerre même pointue. En quelque sorte, le cabri
blanc de Denfert-Rochereau a été pour le ministre un révélateur indirect de ses
forces et de ses faiblesses.
- Le webmaster : Certains de vos lecteurs disent qu’ils ont
beaucoup ri en lisant l’épisode de Les makandas contre Zénon d’Élée et autres Gottfried
Leibniz
que vous avez consacré à Monsieur Cycloïde, professeur de philosophie de son
état. Ça doit faire plaisir à un créateur de savoir que ses lecteurs ont ri. Je
vous laisse goûter votre palaisir. Mais d’autres lecteurs disent qu’ils ont
souffert en lisant cet épisode …
- Castel JEAN : … Pourquoi ? À cause de la logique, je
parie ?
- Le webmaster : Oui, à cause du raisonnement logique déroutant
qu’expose Monsieur Cycloïde à ses élèves au sujet de cette histoire de porte
ouverte ou fermée. En fait, on
pourrait dire que la question de ce logicien étonnant serait la suivante :
Est-il vrai qu’une porte fermée n’est pas
ouverte ? La réponse qu’il donne vaut le détour (enfin, c’est mon
point de vue de lecteur). Cependant, malgré l’étrangeté du problème traité par
Monsieur Cycloïde, ces mêmes lecteurs reconnaissent que c’est excitant de raisonner sur la dichotomie, la divisibilité à l’infini,
le voisinage de zéro, et de savoir si une porte fermée
n’est que fermée.
- Castel JEAN : C’est encourageant pour le créateur que je suis
d’entendre ces mots des lecteurs. C’est excitant aussi de m’entendre dire que ce j’ai
conçu dans mon œuvre a plu. Mais mon but –atteint dans cet exercice d’écriture -
est surtout de montrer que les makandas
et le vaudou haïtien sont redoutables, même quand ils agissent sur les terres rationalistes
de Zénon d’Élée et de Leibniz. Le titre même - Les makandas contre Zénon d’Élée et autres
Gottfried Leibniz-
évoque une mise à l’épreuve, réussie, de l’originalité et de la puissance
d’action du vaudou.
- Le webmaster : Il faut reconnaître que les makandas sont vraiment très forts… À mon
avis (celui d’un lecteur), tout Haïtien doit lire ce que les makandas ont fait à Paris, quand vint la
fin de l’été.

Pour lire des extraits de l'œuvre : voir Les makandas contre Zénon d'Élée et autres Gottfried Leibniz
Propos recueillis
le 21 juin 2008